Canon EOS 5D - Rechappé du froid

S’il restait qu’un seul fabricant s’appareils photo numériques, ce sera celui-là. Canon s’enorgueillit de sortir une nouveauté par jour et représente à ce jour le plus innovateur des fabricants d’appareils photo. L’EOS 5D est la preuve vivante que le « full frame » devient enfin « accessible » pour un public plus grand.  L'appareil intègre en effet un capteur « full frame » de 12,8 mégapixels, mais son tarif annoncé de moins de 3500 € (avec un « street price » d’environ 3000 €) le prédestine pas uniquement aux fourre-touts des photographes professionnels. Bien que toujours inaccessible pour le commun des mortels, il devient intéressant pour les photographes amateur passionnés (et fortunés). J'ai pu tester cet appareil pendant une semaine en Allemagne - une semaine rythmée par des chutes de neige abondantes.

 


La première prise en main trahit néanmoins une descendance du 20D, maintenant en fin de vie et vendu autour de 1200 €. Avec un poids de 810 g le 5D possède une fabrication plus « dense » que l'EOS 20D, généré par un prisme plus important et une chambre reflex ainsi qu'un miroir de taille plus généreuse. Mais bien que sa forme de prisme rappelle la silhouette d'un boîtier de la série EOS 1, les commandes du 5D sont calquées sur celles du 20D. On retrouve ainsi la molette arrière avec un bouton central, propre à tous les boîtiers semi professionnels de la marque depuis le D30 de l'année 2000, un petit pad multidirectionnel, une rangée de boutons à disposition verticale à gauche de l'écran de dimensions abondantes ainsi qu'une deuxième rangée de boutons multifonctions à droite du prisme. Donc, jusque-là aucune surprise, si ce n'est que Canon a supprimé les modes résultats sur la couronne de sélection des modes d'exposition. Cette dernière se voit dotée d'une position pour la pose « B », jusqu'ici située au-delà des 30 secondes du mode d'exposition manuel. Les boutons situés au long de l'afficheur LCD du haut du boîtier sont dotés chacun de deux fonctions différentes, commandées par les deux molettes de l'appareil. Ce n'est finalement pas très pratique, un accès rapide aux fonctions souhaités est impossible sans une utilisation prolongée du boîtier (qui rend le maniement instinctif)...

Un dos de 20D...

J'ai d'ailleurs mis du temps avant de dénicher la correction d'exposition pour la lumière ambiante, uniquement accessible lorsque l'interrupteur au dos de l'appareil se trouve vis à vis du trait blanc (au-delà de la position ON). Mais bon, mon appareil EOS 1DS, qui me sert comme référence pour évaluer les qualités du 5D n'est pas mieux en matière d'ergonomie. Par rapport à son frère professionnel, ce dernier possède un menu simple, clair et unique, bien plus pratique pour accéder aux paramétrages de l'appareil, fort nombreux, que le « fouillis à quatre volets » des appareils de la série 1D ou 1DS. Continuons donc le tour du testeur : l'appareil accepte des cartes mémoire du type Compact Flash I/II ainsi que les Microdrive. Comparé à la trappe du logement de cartes d'un 1DS (qui s'ouvre/ferme avec la douceur d'une porte de Mercedes), celle du 5D possède une légèreté et un côté plastique qui me semblent un peu fragile. Elle est dépourvu de joints d'étanchéité, comme les commandes du boîtier, ce que lui procure une protection incertaine à la pluie, les embruns et au sable. Donc, si vous êtes un photographe baroudeur, peu soucieux de la protection de votre équipement, passez votre chemin- le 5D ne sera pas pour vous. Bien entendu, si vous choyez votre appareil, une utilisation brêve dans des conditions peu favorables reste possible.

Les conditions météorologiques : tempête de neige

Les protections de prises (PC flash, télécommande, USB2 et Video) sont de très bon aloi, mais trop fermes- j'avais beaucoup de mal à les enlever. Mais bon, commençons à parler des points forts de cet appareil ! L'écran arrière est la première (très) bonne surprise du nouveau boîtier. Habitué à la taille riquiqui et la lisibilité médiocre des écrans moins récents (EOS D60, 1DS), la découverte de l'afficheur du 5D fut excitante : 6,35 cm de diagonale et 230 000 pixels procurent aux images affichées une luminosité et netteté spectaculaire. Cet écran reste visible à l'extérieur et bien que j'ai utilisé l'appareil à des températures d'environ -5°C, l'affichage est resté stable et contrastée.  Vous pouvez agrandir l'image à l'aide de la touche « Loupe + », réduire le taux d'agrandissement (et passer à l'affichage de plusieurs vignettes) à l'aide de la touche « Loupe - ». L'appareil utilise des accus rechargeables du type Li-Ion, BP-511 A, une référence qui, depuis six ans,  a largement fait ses preuves dans tous les boîtiers reflex semi professionnels de la marque. Les BP–511 sont en effet plus économiques, plus légers et aussi résistants que les accus Ni Mh de la gamme professionnelle, désavantagés par un effet de mémoire. Bref, la source d'alimentation est très satisfaisante, sans toutefois tenir les promesses avancées par Canon pour son autonomie (environ 400 photos à 20°C au lieu des 800 annoncées).

 

Les joies du full frame


Une des meilleures raisons pour investir dans cet appareil au demeurant onéreux est son capteur de taille 23,9 x 35,8 cm, doté de 12,8 mégapixels effectifs. Nous le savons tous, le nombre des pixels d'un appareil numérique ne constitue pas toujours un gage de qualité, contrairement à ce que veulent nous faire croire les fabricants. Un paramètre aussi important est la taille du capteur et ainsi la dimension de chaque photosite (pixel). Il est aujourd'hui possible de loger un nombre impressionnant de pixels dans des capteurs de plus en plus petits. Mais les limites de ces microcapteurs, employés dans les appareils compacts numériques, se font sentir. Ces capteurs disposent généralement d'une sensibilité « native » d'environ 40 à 50 ISO, valeur qui doit être « boostée » pour rendre ces appareils opérationnels. Or, l'augmentation de la sensibilité est immanquablement accompagnée d'une montée de bruit que les algorithmes modernes transforment en « bouillie de pixels ». Vous voilà en présence d'un fichier lourd, mais peu détaillé.

 

Avec un capteur de grande taille, ces problèmes disparaissent. Non seulement, on dispose d'une sensibilité de base plus élevée, mais vous pouvez l'augmenter en préservant une excellente qualité d'image. L'image demeure fouillée et le bruit adopte la texture du grain argentique, tout en restant très discret. Les avantages du format 24x36 ne s'arrêtent pas là. Les capteurs numériques souffrent d’une génération de flou d'arrière-plan moins agréable que produisaient les appareils argentiques. Dans le cas des appareils compact, les images ressemblent à plus rien de connu, la profondeur de champ est trop étendue pour pouvoir isoler un sujet de son arrière-plan – ce qui nous prive d'une technique créative fort utile. Les capteurs APS font déjà beaucoup mieux et les capteurs « full frame » génèrent enfin un beau flou aux grandes ouvertures, permettant enfin un rendu proche au 24x36. Seul une apparence quelque peu « sêche » (la profondeur de champ évolue en paliers, le numérique ne bénéficiant pas d'une diffusion par les grains d'un film) pourrait troubler la perfection. N'oubliez pas non plus que la taille « idéale »d'un photosite est autour de 9µm, à cette valeur le couple signal/bruit s'exprime au mieux. Vous bénéficierez donc d'un niveau de bruit réduit ainsi qu'une résolution améliorée de petits détails (photosites de grande taille = résolution élevée), très visible sur des photos de paysage ou d'architecture. Vous avez vu, le nombre de pixels ne fait pas tout.

Un effet annexe du format 24x36 : Un viseur large, confortable et détaillé. Les fabricants d'appareils reflex numériques APS utilisent la taille de ces capteurs comme prétexte pour diminuer la taille de la chambre reflex et pour remplacer les pentaprismes lumineux par de pentamiroirs plus sombres, des viseurs étriqués et des oculaires riquiqui. Impossible d'effectuer une mise au point manuelle précise avec ce type de viseur. Cette avarice prend fin avec les appareils « full frame ». A force d'offrir une bonne couverture jusqu’aux coins du viseur, l'emploi d'une chambre reflex, miroir et système de visée de bonne qualité garantissent non seulement de pouvoir « viser », mais également pouvoir scruter les moindres détails de la scène devant l'objectif – et c'est ça, le confort d'un photographe ! Sachez que les objectifs de la série EF-S seront incompatibles avec votre EOS 5D. La série d'optiques (10-22, 18-55, 17-85 et 60 Macro) a été développée exclusivement pour les boîtiers à capteurs APS (20D, 350D) et ne se marie donc point avec les boîtiers muni de capteurs des facteurs de conversion x1 et x1, 3. Tant pis, tout le restant de la gamme Canon (environ 50 optiques) et de nombreux objectifs chez Sigma et Tamron vous resteront accessibles. Mais attention, les capteurs « plein format » sont très exigeants quant à la qualité des objectifs, seules les meilleures objectifs exploitent tout le potentiel du capteur. L'achat d'un 5D vous est donc uniquement bénéfique si vous ne gâcherez pas ses performances avec un objectif médiocre !

Le 5D dispose d'un obturateur avec des vitesses entre 1/8000 s et la pose B. Sa vitesse de synchro flash plafonne malheureusement à la 1/200 seconde, un peu court face à un 1Ds (1/250s), mais tout à fait compréhensible, vu que les  lamelles de l'obturateur  doivent couvrir les 36 mm du capteur.. L'autofocus, très performant et rapide, se fait assister par neuf collimateurs, qui possèdent la même disposition que ceux de l'EOS 20D. De ce fait, les collimateurs négligent les coins de l'image, lacune pas trop pénalisante vu la cible utilisateur qui exclut les photographes de sport (mode rafale de seulement 3 images/s). Vous pouvez choisir le collimateur actif via la molette ou à l'aide du pad multi directionnel, le dernier offrant davantage de confort. L'EOS 5D possède un système d'exposition d'une fiabilité exemplaire, rarement pris en défaut au cours de la semaine d'utilisation intensive. L'utilisateur peut choisir entre la mesure multizones à 35 segments, une mesure intégrale à prépondérance centrale, une mesure spot à 3,5% et une mesure sélective à 8% (un grand classique chez Canon depuis le F-1 des années 1970). Vous pouvez en outre faire du bracketing automatique, décaler l'exposition (par paliers de demi ou tiers valeurs entre -2 et +2EV) et bien sûr mémoriser l'exposition. Bref, tout y est, l'appareil est paré à toute éventualité. Pour vérifier la bonne exposition de l'appareil, vous pouvez choisir entre deux modes d'affichage pour l'histogramme.

Histogrammes de luminance (gauche) et RVB (droite)

Un « mode luminance » qui vous communique une moyenne des valeurs des trois couches RVB est épaule par le mode RVB qui vous affiche trois graphiques séparées, une pour chaque couche. Il est évident que seul le mode RVB saura détecter un écrêtage dans une ou deux couches couleur, ce dernier sera donc à privilégier. Ceci dit, bien que la taille de l'écran arrière soit importante, l'affichage de l'histogramme reste désespérément petit, ce qui n'arrange pas sa lisibilité.
L'EOS 5D possède des sensibilités entre 100 et 1600 ISO (mode étendu : 50-3200 ISO), modifiables par tiers de valeurs (Cette dernière fonctionnalité est très pratique si vous avez pris l'habitude de travailler avec des films argentiques à 64 ou 160 ISO). Le boîtier offre une multitude de combinaisons pour les formats d’enregistrement (RAW, RAW+JPEG) ainsi que les définitions et taux de compression du format JPEG. Il est possible d'enregistrer simultanément des fichiers RAW et JPEG, très pratique pour obtenir des fichiers à utilisation immédiate (planche-contact, Internet etc.) et d’autres pour l’édition et la retouche ultérieure. Il est également possible de choisir librement définition et compression du fichier JPEG.
Une nouveauté, les styles d'image, commence à se généraliser sur les appareils reflex de la marque (350D, 1D Mark 2, 5D) et existe également au sein du logiciel DPP, ainsi compatible avec les formats RAW des appareils compatibles (DPP accepte depuis sa version 2 tous les boîtiers reflex de la marque, D30 inclus). Les styles d'images offrent des préréglages pour netteté, contraste, saturation et teinte des images, et imitent parfois le rendu de films argentiques ( par exemple style Paysage pour un rendu du type Velvia, Noir et Blanc avec des filtres jaune, orange, rouge etc. pour simuler un rendu noir et blanc). Lorsque vous travaillez en format JPEG, les styles sont immédiatement appliqués, le format RAW vous permet de les « tester » à l'intérieur du logiciel de conversion DPP, les autres logiciels ignorent ces styles, stockés en tant que  métadonnées à l'intérieur du fichier RAW.

Bruit et restitution des couleurs

 

Canon possède un avantage décisif par rapport à ses concurrents en ce qui concerne le traitement du signal : la maison gère toutes les étapes de production d'une image numérique. Du capteur à l'image finale, en passant par le processeur intégrant les algorithmes de dématriçage, les ingénieurs ont une unique chance de travailler conjointement sur l'optimisation des performances.
En connaissant cet atout particulier, les performances de l’EOS sont sans surprise. Déjà peu sujet à une montée de bruit intempestive grâce à la taille de son capteur, l'appareil brille par un moutonnement très discret jusqu'au sensibilités les plus élevées. Il est ainsi possible de pousser la sensibilité ISO jusqu’à 800, voir 1600 ISO, sans trop se soucier d'un grain visible sur les tirages. La sensibilité de 3200 ISO est une bonne solution de secours, peu sollicitée lorsque vous utilisez l'excellent 24-105 mm à stabilisateur d'image, et bien que le lissage est plus fort , les images restent toujours bien meilleures que les résultats à des sensibilités équivalentes en argentique.

J'ai passé le 5D et le 1DS dans la moulinette Imatest pour quantifier le bruit et la restitution des couleurs. L'excellent rapport signal/bruit du capteur plein format limite les interventions logicielles, le fameuse lissage si destructeur  des petits détails de l'image se reduit au strict minimum. La restitution des détails reste ainsi excellente, même à 1600 ISO ! Les graphiques suivantes détaillent le bruit dans les trois couches couleur ainsi que le bruit de luminance (graphique de couleur gris). On remarque une baisse du niveau de bruit dès que vous passez à la sensibilité de 3200 ISO, fruit du travail du processeur interne de l'illustre nom de DIGIC II qui monte un "cran" à cette sensibilité, d'ailleurs uniquement accessible via un réglage personnalisé.

 

Le rendu colorimétrique est très juste, au moins pour les deux styles d'image « Standard » et « Fidèle ». Les autres styles d'image procurent des résultats plus « typés » (moins fidèles), allant d'un rendu du style « Fuji Astia » (mode Portrait) à un rendu du type « Fuji Velvia » (mode Paysage).

Le rendu "Neutre /sRVB" - doux et juste


La qualité d'image est donc excellente, malgré des avis défavorables pour le "piqué" qu'on peut trouver sur les forums. De toute façon, le 5D dispose d'un rendu "Pro, peu accentué et doux, ce qui constitue un avantage pour le photographe qui travaille systèmatiquement ses images.

Le 24-105 à stabilisateur d'image


Nous avons reçu cette nouveauté au même temps que le boîtier et j'étais très impressionné par ce représentant de la série L, moyennement lumineux, mais doté d'un dispositif très intéressant : un stabilisateur d'image. L'objectif dispose d'une finition mécanique solide, avec des bagues qui tournent agréablement, sans points durs. La mise au point minimale descend à 0,4 m, très commode pour effectuer des prises de vue rapprochées à la focale la plus longue. La qualité optique de cet objectif quasi-universel (la gamme de focales couvre 80 % des besoins) est bonne, mais pas sans défauts. Sur un  appareil à capteur »full frame », le vignetage est très marqué à la pleine ouverture, surtout à F=24 mm, mais s'estompe lentement, mais sûrement à la fermeture du diaphragme. La distorsion est très forte à 24 mm et vous procure des images qui nécessitent un posttraitement (de là l'intérêt des logiciels spécialisés DxO Optics Pro, PT Lens et LensFix pour corriger les distorsions et le vignetage ...). Le paresoleil, à crantage trop léger, a tendance à tourner sur l'objectif lorsque vous portez l'ensemble appareil / objectif à l'épaule – gare au vignetage « mécanique » !  Ces défauts à part, l'objectif fournit des résultats toujours bien piqués sur tout le champ, le stabilisateur permet de faire des photos sans pied dans des conditions bien difficiles. Bref, cette optique rempli bien son rôle d'outil universel et devient vite le caillou préféré qui reste à demeure sur le boîtier, au point de se poser la question de ce qui reste aux autres ...

All you need is RAW

Un appareil de cette qualité mérite d'être utilisé en format RAW. Canon fournit le logiciel Canon Digital Photo Professionnal (ou DPP pour les initiés), actuellement dans sa version 2. 03.  La marque ne s'est pas particulièrement illustrée dans le passé avec l’offre des logiciels fourni. Pendant des années, Canon a  proposér des outils médiocres aux professionnels, au point que ces derniers se rabattaient sur l'offre concurrente ( notamment Capture One et Bibble). DPP souffre toujours de la mauvaise réputation de la marque, mais à tord. Certes, ce logiciel de conversion ne figure pas parmi les meilleures en termes de vitesse de conversion ou ergonomie de l'interface utilisateur. Mais avec dernière version, DPP fournit une très bonne qualité de conversion (d'excellentes couleurs et une très bonne gestion du moirage) ainsi que tous les outils indispensables – et c'est gratuit !  Pour aller plus loin, je vous propose d'essayer les logiciels mentionnés plus haut ou d'autres : Adobe Camera Raw, Adobe Lightroom, Apple Aperture, Iridient Raw Developper, DxO Optics Pro et Raw Shooter Essentials 2006 proposent leurs services, variés, pour développer vos fichiers bruts.

Pour conclure

L'EOS 5D est un appareil épatant. Il est capable de vous procurer des images d'une qualité vraiment exceptionnelle et reste cependant suffisamment léger et compact pour pouvoir l'amener avec soi sans prendre un abonnement chez le kinésithérapeute ou la salle de gym. C'est un appareil particulièrement réactif pour  allumage,  mise au point , déclenchement et motorisation sans pourtant disposer un amortissement miroir et une cadence moteur similaires aux boîtiers Pro de la gamme ( 1DS Mk2 et  1D Mk2n). La finition mécanique est très propre sans être exceptionnel (tropicalisation manquante et conception de la trappe du compartiment de carte CF). Mais dans la pratique, cet appareil dégage une impression de solidité, bien supérieure aux boîtiers moins chers de la marque (350D et 20D).
Le viseur est un vrai plaisir. Habitué aux "tuyaux de chauffage" de mes appareils Canon à capteur APS, cette visée me rend enfin la précision et la clarté des meilleurs viseurs des reflex argentiques. Finie la confiance aveugle (et souvent abusée) à la mise au point automatique, vous pouvez enfin effectuer une mise au point manuelle (utile, voir indispensable, avec les objectifs TS-E). Un tel viseur permet en outre le recyclage d'anciens objectifs manuels (je pense notamment aux Carl Zeiss des Contax, les objectifs Leica-R, des Nikon Ai ou Ai-s ou certains cailloux en monture M-42). Un seul regret : le viseur ne couvre que 96% de la scène photographiée. C'est un scandale ! Vous dépensez 3000 € ( environ 20000 francs) pour avoir de mauvaises surprises lors de l'ouverture des fichiers sur votre ordinateur et pour devoir recadrer (perdre des pixels chèrement payés) des éléments parasites dans la périphérie de vos images ! Allez, M. Canon, un petit effort ....

Points Forts :

  • excellente qualité d'image (bruit, colorimétrie, piqué)
  • très bon viseur
  • boîtier de belle finition
  • choix entre deux types d'histogrammes
  • un seul menu utilisateur
  • bel écran, piqué et bien visible à l'extérieur
  • alimentation procurant une bonne autonomie
  • boîtier compact, mais pas trop
  • boîtier très sobre, les commandes sont limitées en nombre
  • le capteur full frame permet d'utiliser ses objectifs argentiques

 Points faibles :

  • ergonomie parfois perfectible
  • finition cheap de certaines parties du boîtier (logement carte et accu)
  • couverture viseur de 96 %
  • manque de tropicalisation
  • est-il raisonnable de payer 3000 € pour un châssis d'EOS 20D ?
  • positionnement de prix ambigu, entre appareil semi professionnel et Pro.