Photographier l’automne : lumière et composition

L’automne, cette saison dont Albert Camus disait « qu’elle est un deuxième printemps où chaque feuille est une fleur » touche bientôt à sa fin . Il serait très dommage de ne pas immortaliser les dernières manifestations de cette saison qui nous offre d’abord des couleurs chatoyantes et une lumière douce et chaude puis, plus tard, les caprices d’un temps plus humide, dominé par le premier gel, la brume et le brouillard. Voici quelques impressions saisies près de chez moi, qui vous feront peut-être partir, l’appareil en mains, à la rencontre de l’automne.

La somptuosité de l’automne varie d’année en année, car son éclat dépend entièrement du temps, de la pluie, de la température de l’air et des caprices des tempêtes de l’automne. Le plus souvent, les premières colorations surviennent à la fin du mois de septembre puis trouvent leur apogée quatre ou cinq semaines plus tard. Cette saison charnière, située entre la douceur de l’été et la rigueur de l’hiver, se caractérise par un raccourcissement des jours et une baisse du soleil sur l’horizon, baignant toute chose dans une lumière aussi chaude qu’envoutante.

Matin d’automne au Col de la Schlucht/Alsace. Canon 5D Mark III, Samyang 14 mm f/2,8 ED AS IF MC, f/11, 400 ISO. Image HDR, fusion dans Photo Acute Studio 3 et tone mapping dans Camera Raw.

Pour immortaliser la beauté et la fugacité de l’automne, munissez-vous de votre équipement photo et partez dehors. L’automne est facile à trouver et il n’est donc pas toujours nécessaire de voyager loin : un arbre solitaire, une aire de jeux ou un jardin public offre d’emblée une multitude de sujets photo !

A la recherche de la belle lumière

La direction de la lumière à une influence primordiale sur l’aspect d’un paysage et c’est souvent elle qui décide du succès ou de l’échec de votre image. Entre les lumières frontale, latérale ou à contrejour, il existe d’innombrables positions intermédiaires.

Vallée de la Wormsa, Alsace. Canon EOS 5D Mark II, Canon TS-E 45 mm f/2,8, f/13, 1/2 s à 100 ISO.

L’heure magique

Si elle change perpétuellement, entre le lever et le coucher de soleil, la lumière est plus belle lorsque le soleil se situe proche de l’horizon. La lumière est alors filtrée par l’atmosphère et elle réchauffe les couleurs du paysage. En automne, le matin et le soir le prêtent particulièrement bien à la prise de vue puisque les couleurs chaudes du feuillage paraissent encore plus chatoyantes. Pour ne pas détruire cette ambiance si particulière, il faut abandonner la balance des blancs automatique au profit d’un réglage manuel : Lumière du jour pour un rendu réaliste, Ombre et Nuageux pour un rendu encore plus chaud. Il est alors très intéressant de travailler au format RAW pour effectuer ce réglage crucial plus tard, dans votre logiciel de développement RAW.

Lever de soleil au Col de la Schlucht, fin octobre. Canon EOS 5D Mark II, Canon EF 28-70 mm f/3,5-4,5 II, f/11, 400 ISO. Fusion manuelle de deux expositions dans Photoshop.

La lumière de face

Si le soleil se situe derrière le photographe, il procure au sujet un éclairage régulier. Toutefois, l’image manque parfois de volume et de relief.

Fôret à proximité du Kohlerhof, Ehrenkirchen, Allemagne. Canon EOS 600D, Canon EF 70-200 mm f/4 L USM, f/6,3 et 1/200s à 800 ISO.

La lumière latérale

L’illusion de relief est plus importante avec un sujet qui est éclairé latéralement. L’éclairage est alors meilleur, pour les détails comme pour les paysages. L’éclairage latéral restitue plus fidèlement le modelé du sujet, tout en mettant en valeur ses contours et sa texture.


Lac de Lispach, La Bresse/Vosges. Canon EOS 5D Mark II, Canon EF 28-70 mm f/3,5-4,5 II, f/11, 1/20s à 100 ISO.

Le contre-jour

Si la lumière à contre-jour est plus difficile à utiliser, les résultats sont souvent très spectaculaires. Avec un éclairage assez fort, il est même possible d’obtenir un effet de silhouette qui aide à simplifier la composition.

Automne en Fôret-Noire, Allemagne. Canon EOS 600D, Canon EF 70-200 mm f/4 L USM, f/9 à 1/160s et 100 ISO.

Automne en Fôret-Noire, Allemagne. Canon EOS 600D, Canon EF 70-200 mm f/4 L USM, f/9 à 1/160s et 100 ISO.

La lumière de midi

Au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel, la lumière devient plus dure, provoquant des ombres qui sont en général peu flatteuses. De même, la lumière du midi accroit la plage de contraste, mettant l’appareil à rude épreuve. Pour maîtriser les contrastes, vous pouvez utiliser un filtre polarisant ou saisir une série d’images avec des expositions différentes, destinées à saisir les informations dans les hautes lumières et tons foncés.

Couleurs d’automne, Ehrenkirchen, Allemagne. Canon 600D, Voigtländer 20 mm f/3,5 SL 2, 1/60 s à f/11 et 100 ISO. Filtre polarisant.

La qualité avant tout

La qualité de la lumière est toute aussi importante que sa direction. En fait, avec une lumière douce et diffuse, le volume et les formes d’un sujet peuvent être accentués. Qui plus est, l’intensité des couleurs est souvent plus forte, et leurs nuances plus perceptibles qu’avec une lumière directe.

Liliental, Allemagne. EOS 5D Mark II, EF 135 mm f/2 L USM, f/2 et 1/250 s à 500 ISO.

Le mauvais temps n’existe pas

Si le ciel bleu est à même de former, avec l’orange du feuillage, un puissant contraste des complémentaires, il serait dommage de rester à la maison lorsqu’il pleut ou lorsque  tout est couvert par un brouillard épais. En fait, ce dernier est souvent très photogénique, que ce soit en montagne où il se dissipe parfois très vite ou dans la plaine où il peut s’incruster pendant plusieurs jours.Parfois, il suffit de faire preuve d’un peu de patience pour être récompensé par des images d’une beauté saisissante.

Vue sur la vallée du Rhin depuis le château du Haut-Koenigsbourg, Alsace. Canon 5D Mark II, Canon 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM, f/11 et 1/500s à 100 ISO.

Mer de nuages, Col de la Schlucht, Alsace. Canon 5D Mark II, Canon EF 135 mm f/2 L USM, f/13 et 1/80 s à 100 ISO.La pluie est, elle, aussi, très photogénique. Elle adoucit les contrastes tout en accentuant les couleurs.

En attente de l’hiver, Le Bonhomme, Alsace. Canon EOS 5D Mark III, EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM, f/13 et 3,2 s à 100 ISO.
Après la pluie, Le Bonhomme, Alsace.Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, f/13 et 3,2 s à 100 ISO.

Explorez les détails

Si les photos de détails ne font pas partie, à proprement parler, du domaine de la photo de paysage, il serait dommage de laisser votre objectif macro, bague allonge ou bonnette macro au fond d’un tiroir. Même en automne, il y a de nombreux sujets qui n’attendent qu’à être saisis, profitez-en !

Araignée, Colmar, Alsace. Canon EOS 5D Mark III, EF 100 mm f/2,8 L IS USM Macro, f/5,6 et 1/125 s à 6400 ISO.
Feuilles, Lac Noir, Alsace. Canon 5D Mark II, Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM, f/13 et 4 s à 100 ISO.
Toile d’araignée et gouttes d’eau, Colmar, Alsace.Canon EOS 600D, Rodenstock Rodagon 50 mm f/2,8 + soufflet macro, f/8 et 1/10s à 800 ISO.

Osez le monochrome

Si, avant tout,  l’automne séduit par la beauté de ses couleurs chaudes, certaines images gagnent d’être transformées en noir et blanc et, notamment, lorsque l’image en question est déjà presque monochrome au départ. Pour obtenir les tonalités les plus riches, fuyez la transformation dans l’appareil et effectuez plutôt la conversion noir et blanc dans votre logiciel de développement RAW, dans Photoshop ou dans un plug-in dédié.

Hohneck, La Bresse, Vosges. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 16-35 mm f/4 L IS USM, f/14 et 1/40 s à 100 ISO.
Lac de Lispach, La Bresse, Vosges. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 17-40 mm f/4 L USM, f/16 et 1/4 s à 100 ISO.
Le Rhin à Sasbach, Allemagne. Canon 5D Mark III, Voigtländer 20 mm f/3,5 SL 2, f/13 et 1/25 s à 100 ISO.

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