Photographier le printemps : six conseils pour réussir vos photos de paysage

Il est enfin là, le printemps ! Dites au revoir au temps maussade et la rigueur de l’hiver et accueillez le soleil et la chaleur du printemps comme il faut, en sortant votre appareil photo de sa sacoche. Photographier le printemps n’est pas compliqué, voici quelques conseils pour que vous puissiez rendre justice à la beauté de cette saison tantôt ensoleillée tantôt pluvieuse.

Une fois la neige fondue, les jours s’allongent et la nature se réveille. Le monde se remplit d’une animation débordante et il serait alors très dommage de ne pas saisir la floraison printanière et le vol des insectes. Mais la nature n’est pas le seul sujet méritant d’être immortalisé par le capteur de votre appareil photo. Pensez aussi à documenter les activités humaines dans votre ville qui, elles aussi, se déroulent à l’extérieur. Et ne désespérez pas lorsque le soleil fait de temps à autre place à la pluie : un arc en ciel sur fond de ciel orageux ou un gros plan sur des gouttes d’eau ne sont pas moins photogéniques qu’un cerisier en fleur sous un ciel bleu.

       

Mettez en scène un paysage

Pour la plupart des photographes, la photo de paysage rime nécessairement avec des couleurs saturées et l’utilisation d’un objectif grand-angle. Pourtant, il ne suffit pas de booster les couleurs au posttraitement et/ou de rassembler le plus d’éléments possible dans votre cadre pour obtenir des images saisissantes. Rassurez-vous, tous les objectifs, du  fish-eye au super-télé, qualifient pour la photo de paysage. Qui plus est, il n’est même pas nécessaire d’investir dans des objectifs ultra-lumineux. Un objectif de focale fixe, voire un zoom transstandard économique suffisent pour pouvoir réussir ses photos de paysage, car, plus encore que sa qualité technique, ce sont la composition et les couleurs d’une image qui séduisent le regard du spectateur.

Obereggen/Allemagne. N’hésitez pas à diriger votre objectif en direction du soleil pour des compositions dynamiques. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 16-35mm f/4 L IS USM à 16 mm, 1/250 s à f/11 et 200 ISO.


S’il existe plusieurs règles de composition, la plus simple est aussi la plus efficace : privilégiez la simplicité en chassant le superflu. Éliminez donc tous les éléments du cadre qui ne participent pas directement à la composition de l’image. Pour ce faire, faites tourner votre regard dans le viseur et sélectionnez au besoin un cadrage et/ou une focale différents pour rééquilibrer votre composition.
Gardez à l’esprit que c’est en forgeant que l’on devient forgeron. Or, beaucoup de photographes poursuivent leur chemin immédiatement après avoir pris une seule photo de leur sujet. C’est très dommage puisqu’il est souvent utile de consacrer un peu de temps à la recherche du point de vue et du cadrage les plus propices.

Compressez les plans

Le plus souvent, on utilise une focale grand-angle pour mettre en évidence la profondeur d’un paysage. Mais parfois, la compression des plans telle qu’elle est obtenue avec un téléobjectif est encore plus intéressante.

Badberg, Oberbergen/Allemagne. L’effet de succession des plans et le contraste entre les arbres illuminés et les ombres aident à créer une composition dynamique. Canon EOS 600D, Canon TS-E 45 mm f/2,8, 1/50 s à f/14 et 400 ISO.
Ehrenkirchen/Allemagne. Attiré par les différentes nuances de vert dans cette forêt mixte, j’ai utilisé un téléobjectif afin de créer une composition plus serrée.
La compression des plans renforce le graphisme de cette photo, tout comme la lumière indirecte et diffuse d’un jour maussade. Canon EOS 5D Mark II, Canon EF 100 mm f/2,8 L Macro IS USM, 1/50 s à f/11 et 100 ISO.

Changez de point de vue

Le point de vue, c’est-à-dire la position à partir de laquelle le photographe visualise une scène, influe beaucoup sur la relation qu’entretiennent les différents plans dans une photo. Saisi le plus souvent à la hauteur des yeux du photographe, un sujet peut être aborde de nombreuses manières, avec à chaque fois un point de vue différent. N’hésitez donc pas à vous accroupir, voire à vous mettre à plat ventre pour découvrir de nouvelles perspectives.

Oberbergen/Allemagne. En m’allongeant sur l’herbe et en utilisant un téléobjectif, j’ai pu jouer avec une faible profondeur de champ. Canon EOS 600D, Canon EF 100 mm f/2,8 Macro L IS USM, 1/60 s à f/4,5 et 100 ISO.

 


Obereggen/Allemagne. N’hésitez pas à diriger votre objectif en direction du soleil pour des compositions dynamiques. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 16-35mm f/4 L IS USM à 16 mm, 1/250 s à f/11 et 200 ISO.

Jouez sur le graphisme des lignes, formes et couleurs

Les paysages façonnés par l’homme offrent souvent de nombreuses opportunités pour créer des compositions très graphiques. L’éclairage latéral du matin ou de l’après-midi est alors très utile pour souligner le contraste entre les différents éléments de l’image, la texture étant également renforcée. L’utilisation d’une longue focale contribue à simplifier la composition et à ainsi augmenter l’impact visuel de vos images.

Tuniberg/Allemagne. Dans cet exemple, les parcelles culturales avec leurs sillons réguliers forment un motif répétitif et les deux routes de campagne coupent l’image en quatre parties. Pour ne pas rompre avec la géométrie parfaite de la scène, j’ai préféré copier l’ombre de l’arbre solitaire. Canon EOS 5D Mark II, Canon EF 135mm f/2 L  USM, 1/160 s à f/13 et 200 ISO.
Badberg, Oberbergen/Allemagne. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM à 200 mm, 1/400 s à f/11 et 400 ISO.

Exploitez les lignes de fuite

Plusieurs lignes de fuite qui convergent vers un point lointain aident à guider le regard du spectateur jusqu’à ce que celui-ci rencontre une ligne horizontale. Dans un paysage, cette ligne horizontale coïncide souvent avec la ligne d’horizon.

Oberbergen/Allemagne. Ici, plusieurs diagonales guident le spectateur jusqu’au village à l’arrière-plan. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 16-35mm f/4 L IS USM à 35 mm, 1/80 s à f/16 et 100 ISO.
Badberg, Oberbergen/Allemagne. Les lignes du passage provisoire formé par les planches en bois amènent le regard sur la cabane en bois. Fujifilm X100, 1/40 s à f/11 et 200 ISO.

Jonglez avec le flou et le net

Si la plupart des paysages bénéficient d’une profondeur de champ qui s’étend entre le premier plan et l’arrière-plan, certains sujets appellent à l’utilisation d’une grande ouverture et/ou d’une focale plus longue pour obtenir une netteté sélective. En fonction du sujet, il est alors plus intéressant de faire le point sur le premier plan et de laisser l’arrière-plan dans un flou esthétique ou de privilégier la netteté dans l’arrière-plan au détriment de celle dans le premier plan. N’hésitez pas à faire quelques essais  avec des réglages différents pour la distance de mise au point et l’ouverture, puis de choisir l’image avec le rendu le plus séduisant.

Kientzheim/Alsace. L’opposition entre les parties floues et nettes de cette image contribuent à son impact visuel. Canon EOS 5D Mark II, EF 70-200 mm f/4 L USM, 1/1000 s à F/4,5 et 400 ISO.
Ingersheim/Alsace. La faible profondeur de champ permet de noyer l’arrière-plan dans un flou des plus agréable. Canon EOS 5D Mark II, Canon EF 100-400 mm f/4,5-5,6 L IS USM à 390 mm, 1/1500 s à f/5,6 et 1000 ISO.

Rentrez dans les détails

Si le soleil fait défaut (mais pas seulement…), munissez-vous d’un objectif macro, d’une bonnette macro ou d’un jeu de bagues allonge pour explorer le monde de l’infiniment petit.

En macrophotographie, on est souvent confronté à un manque de lumière. Heureusement, la plupart des appareils photo récents autorisent à augmenter la sensibilité ISO à des valeurs autrement impossibles à atteindre, sans pour autant sacrifier la qualité d’image. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 100 mm f/2,8 Macro L IS USM, 1/160 s à f/11 et 1250 ISO
La faible profondeur de champ en vigueur aux rapports de grandissement plus élevés permet de mettre en valeur certaines parties du sujet tout en reléguant d’autres à l’arrière-plan. Canon EOS 5D Mark III, Canon EF 100 mm f/2,8 Macro L IS USM, 1/200 s à f/10 et 400 ISO


Un dernier conseil : le printemps est partout –  nul besoin donc de dépenser des sommes déraisonnables pour produire l’énième cliché d’un des sites les plus photographiés du monde !

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